Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

News

News

Blog de relais


(Photos) Burundi : Un Français suspecté d’être un mercenaire rwandais passé à tabac

Publié par La Régionale.com sur 29 Avril 2015, 10:39am

Catégories : #politique

 

Un Français d’origine burundaise a été battu par la foule à Bujumbura mardi. Les habitants le suspectaient à tort de faire partie d’une milice rwandaise venue combattre les manifestants. Une scène qui symbolise le climat de suspicion à Bujumbura, selon le père de la victime.

La capitale burundaise a vécu mardi 28 avril sa troisième journée de manifestations après l’annonce de la candidature du président sortant, Pierre Nkurunziza, à un troisième mandat. Manifestants et forces de l’ordre se font face, sur fond de rumeurs de présence d’éléments perturbateurs étrangers chargés d’aider les policiers burundais à mater la contestation. Depuis samedi, la présence de combattants rwandais "Interahamwe", l’une des milices rwandaises membres du Front de libération du Rwanda (FDLR), responsable de la plupart des massacres pendant le génocide de 1994, est régulièrement évoquée par les manifestants.

Mardi matin, un jeune homme a été passé à tabac par la foule dans le quartier Mutakura, dans le nord de Bujumbura. Selon des témoins, l’homme avait "un comportement suspect". Interrogé par des habitants, son "accent rwandais" les a poussés à tabasser le jeune homme de peur qu’il s’agisse d’un "Interahamwe". En le fouillant, ils ont retrouvé sur lui un passeport français, qu’ils pensaient avoir été volé. Les images de ce passeport, présentées comme la preuve qu’il s’agissait d’un mercenaire étranger, ont été envoyées aux Observateurs de France 24.

Mon fils était le suspect idéal"

Mais Olivier N. est bien un ressortissant français. Sa famille vit en région parisienne et le jeune homme a vécu de petits boulots à Villiers-le-Bel. Son père, un pasteur burundais, vit à Bujumbura. France 24 a réussi à rentrer en contact avec lui :

Olivier m’a rejoint le 8 avril, malgré les conseils de sa mère qui pensait que ce n’était pas une bonne idée pour lui d’être à Bujumbura, avec les heurts qui s’annonçaient [l’annonce d’une candidature officielle de Pierre Nkurunziza faisait craindre depuis plusieurs mois des violences, NDLR].
Mardi, il était parti retirer de l’argent, mais trouvant la banque fermée, il a voulu rentrer et est tombé sur des manifestants qui l’ont interrogé. Voyant qu’il n’avait pas l’air du coin, ils l’ont trouvé suspect, lui ont posé des questions auxquelles il n’a pu répondre et l’ont tabassé. Il a été blessé à la lèvre et a eu le nez fracturé. Il saignait beaucoup. Il n’a toujours pas pu voir de médecin et était encore entendu par la police en fin d’après midi.
Olivier a des problèmes psychiatriques depuis l’enfance. Mon fils était le suspect idéal dans ce climat suspicion ambiant. J’espère que le traumatisme qu’il a vécu ne va pas aggraver son état mental.

Le consulat de France, contacté par France 24, a confirmé qu’Olivier N. était bien un ressortissant français, ainsi que la version donnée par son père. Nous avons pu brièvement parler à Olivier N. hier soir qui nous a affirmé avoir eu "très peur" et prévoir de rentrer prochainement en France après cet épisode.

Des "forces négatives" au milieu des manifestants ?

Si Olivier N. n’avait rien à voir avec un mercenaire, la présence de miliciens étrangers au Burundi est un sujet récurrent depuis le début des manifestations dimanche. Mardi matin, des manifestants ont affirmé avoir arrêté un homme parlant "seulement anglais et kinyarwanda", dans le quartier Musaga, dans le sud de la ville, se baladant avec "un uniforme de policier emballé dans un sachet". L’homme a été confié aux militaires burundais pour interrogatoire. C’est pour l’heure le seul cas suspect relayé par les médias burundais.

Le Rwanda s’est à plusieurs reprises exprimé sur les risques d’une escalade de la violence au Burundi. Paul Kagame, le président rwandais, avait affirmé que "des forces négatives" pouvaient "exploiter" la situation, faisant référence à la présence de rebelles du FDLR prêts à prêter main forte aux pro-Nkurunziza pour s’en prendre aux manifestants.

Autre Presse...

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents